{"id":102242,"date":"2020-09-15T16:05:32","date_gmt":"2020-09-15T23:05:32","guid":{"rendered":"https:\/\/jonestown.sdsu.edu\/?page_id=102242"},"modified":"2020-10-02T15:43:32","modified_gmt":"2020-10-02T22:43:32","slug":"guyana-400-cadavres-dans-la-jungle-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/jonestown.sdsu.edu\/?page_id=102242","title":{"rendered":"Guyana: 400 cadavres dans la jungle"},"content":{"rendered":"<p><em>(<strong>Editor\u2019s note<\/strong>: <a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/histoire\/archives\/2018\/11\/16\/26010-20181116ARTFIG00300-jonestown-massacre-des-adeptes-du-temple-du-peuple-il-y-a-40-ans.php\">This article by Pierre Gallerey<\/a> originally appeared in the French paper,<\/em> Le Figaro<em>, on 21 November 1978. The original text of the article appears below. The English translation by Vincent Moulard is <a href=\"https:\/\/jonestown.sdsu.edu\/?page_id=102233\">here<\/a>.)<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/jonestown.sdsu.edu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/XVMfe8b9d88-e1ba-11e8-b5e1-a459b75ce5bd.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-102244 size-full\" src=\"https:\/\/jonestown.sdsu.edu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/XVMfe8b9d88-e1ba-11e8-b5e1-a459b75ce5bd.jpg\" alt=\"\" width=\"616\" height=\"347\" srcset=\"https:\/\/jonestown.sdsu.edu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/XVMfe8b9d88-e1ba-11e8-b5e1-a459b75ce5bd.jpg 616w, https:\/\/jonestown.sdsu.edu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/XVMfe8b9d88-e1ba-11e8-b5e1-a459b75ce5bd-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 616px) 100vw, 616px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ce suicide rituel, ce sacrifice qui semble surgi du fond des \u00e2ges, est le deuxi\u00e8me acte du drame qui s&#8217;\u00e9tait nou\u00e9 samedi sur la piste de l&#8217;a\u00e9roport de Port Kaituma. Cinq membres de la commission am\u00e9ricaine venue enqu\u00eater en Guyana sur les activit\u00e9s de la secte du \u00abTemple du peuple\u00bb, fond\u00e9e aux \u00c9tats-Unis par un ancien pasteur James Jones, avaient \u00e9t\u00e9 abattus alors qu&#8217;ils s&#8217;appr\u00eataient \u00e0 rapatrier une quinzaine d&#8217;adeptes.<\/p>\n<p>L\u00e9o Ryan, membre de la Chambre des repr\u00e9sentants (d\u00e9mocrate, Californie), qui dirigeait la mission, trois journalistes et un cameraman de t\u00e9l\u00e9vision, <b>tombaient sous les balles des fanatiques de la secte qui leur avaient tendu une embuscade<\/b>. Huit personnes \u00e9taient bless\u00e9es, dont un diplomate am\u00e9ricain en poste en Guyana.<\/p>\n<p><strong>Soumission totale<\/strong><\/p>\n<p>Un massacre qui rappelait brutalement l&#8217;existence et les agissements d&#8217;une secte connue comme il en pullule aux \u00c9tats-Unis. Apr\u00e8s Charles Manson, l&#8217;assassin de Sharon Tate,<b> Jim Jones, fondateur du \u00abTemple du peuple\u00bb prend place \u00e0 son tour au triste palmar\u00e8s des tueurs mystiques<\/b>. Ag\u00e9 de 46 ans, mari\u00e9 et p\u00e8re de sept enfants, Jim Jones avait cr\u00e9\u00e9 \u00e0 18 ans une premi\u00e8re communaut\u00e9 \u00e0 Indianapolis (Indiana).<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 50, <b>il met sur pied en Californie le \u00abTemple du peuple\u00bb dont le but avou\u00e9 est d&#8217;abolir les classes sociales et de pr\u00f4ner la fraternit\u00e9<\/b>. Habile, \u00e9loquent, tr\u00e8s dou\u00e9 pour la manipulation politique. Jim Jones compte bient\u00f4t parmi ses amis nombre de personnalit\u00e9s influentes de Californie.<\/p>\n<p>Pourtant, les m\u00e9thodes utilis\u00e9es par ce singulier pasteur, qui vont du classique \u00ablavage de cerveau\u00bb aux s\u00e9vices corporels, ne tardent pas \u00e0 provoquer l&#8217;inqui\u00e9tude et les plaintes de nombreux parents. Jim Jones exige de ses fid\u00e8les une soumission totale, un travail harassant dont il encaisse les b\u00e9n\u00e9fices, extorque les pensions et les donations. En ao\u00fbt 1977, <b>Jim Jones quitte San Francisco avec 1 200 de ses condisciples pour cr\u00e9er une communaut\u00e9 agricole au nord-ouest de la Guyana<\/b>, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne. Dans cette colonie perdue dans la jungle, et baptis\u00e9e Jonestown, Jones va pouvoir donner libre cours \u00e0 son go\u00fbt de la tyrannie. <b>Jonestown est en fait un v\u00e9ritable bagne<\/b>. Les membres de la communaut\u00e9, qui ont pour t\u00e2che de d\u00e9fricher sous un climat \u00e9puisant quelque 10 800 hectares de for\u00eats, sont rou\u00e9s de coups sous le moindre pr\u00e9texte, parfois jusqu&#8217;\u00e0 la mort.<\/p>\n<p>Pour entretenir le climat mystique, Jim Jones organise des s\u00e9ances publiques de fausses gu\u00e9risons miraculeuses, de flagellations au cours desquelles les membres de la secte confessent des crimes imaginaires.<\/p>\n<p><strong>Une vingtaine de membres de la secte se placent sous sa protection et demandent \u00e0 rentrer aux \u00c9tats-Unis. Il ne faut pas qu&#8217;ils parlent.<\/strong><\/p>\n<p>Pourtant, malgr\u00e9 l&#8217;\u00e9loignement, les plaintes continuent d&#8217;affluer aux \u00c9tats-Unis, et notamment en Californie dont de nombreux adeptes sont originaires. On parle aussi de trafic d&#8217;armes et de stup\u00e9fiants. C&#8217;est pourquoi le \u00abrepr\u00e9sentative\u00bb L\u00e9o Ryan, 53 ans, alert\u00e9 par de nombreuses familles de sa circonscription de San Francisco d\u00e9cide, au d\u00e9but du mois de novembre, <b>de se rendre en Guyana \u00e0 la t\u00eate d&#8217;une commission d&#8217;enqu\u00eate<\/b> comprenant huit journalistes, des avocats de la secte -dont Mark Lane, le d\u00e9fenseur de l&#8217;assassin de Martin Luther King- un repr\u00e9sentant de l&#8217;ambassade am\u00e9ricaine de Georgetown, et quatre parents d&#8217;adeptes du \u00abTemple du peuple\u00bb.<\/p>\n<p><b>Les t\u00e9moignages qu&#8217;elle recueille sont accablants. <\/b>Une vingtaine de membres de la secte se placent sous sa protection et demandent \u00e0 rentrer aux \u00c9tats-Unis. Il ne faut pas qu&#8217;ils parlent.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, lors de la visite du camp, un jeune homme avait tent\u00e9 de poignarder L\u00e9o Ryan. L&#8217;agresseur avait pu \u00eatre d\u00e9sarm\u00e9 et le groupe avait regagn\u00e9 en toute h\u00e2te l&#8217;a\u00e9roport de Port Kaituma. <b>Il est 16h20, heure locale, lorsque l&#8217;attaque se d\u00e9clenche.<\/b> Enqu\u00eateurs, journalistes et les membres de la secte qui ont abandonn\u00e9 Jim Jones s&#8217;appr\u00eatent \u00e0 monter \u00e0 bord des deux appareils dont les moteurs tournent d\u00e9j\u00e0. Cinq ou six hommes surgissent d&#8217;une remorque tir\u00e9e par un tracteur et ouvrent le feu \u00e0 bout portant. L\u00e9o Ryan, le journaliste Don Harris et le cameraman Robert Brown, de la cha\u00eene N.B.C., Gregory Robinson, photographe au \u00abSan Francisco Examiner\u00bb et une Am\u00e9ricaine, Patricia Park, que l&#8217;on pense \u00eatre membre de la secte, sont abattus \u00e0 bout portant. <b>L&#8217;un des deux appareils parvient tout de m\u00eame \u00e0 d\u00e9coller avec les survivants et donne l&#8217;alerte<\/b>. Les morts et les bless\u00e9s -une dizaine, dont deux gri\u00e8vement- seront transport\u00e9s le lendemain \u00e0 Georgetown.<\/p>\n<p>Dimanche soir, un avion militaire de l&#8217;U.S. Air Force rapatriait en Am\u00e9rique les survivants de la tuerie. Le m\u00eame jour l&#8217;arm\u00e9e guyanaise lan\u00e7ait une op\u00e9ration en direction de Jonestown. G\u00ean\u00e9e par la pluie torrentielle, elle mettra de longues heures \u00e0 y parvenir. <b>Elle n&#8217;y trouvera que des cadavres<\/b>. On ignore si Jim Jones figure parmi les morts, ou s&#8217;il r\u00f4de encore dans la jungle, avec ses derniers partisans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Editor\u2019s note: This article by Pierre Gallerey originally appeared in the French paper, Le Figaro, on 21 November 1978. The original text of the article appears below. The English translation by Vincent Moulard is here.) 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